Terrasse, star dôme et meubles en palettes

08/05/2022

Le mois d'avril 2022 aura été bien rempli... et organisé à quatre mains Henry ! Lucie, la deuxième de la fratrie, a rejoint l'aventure des chantiers participatifs et inauguré un nouveau format : sur un mois ! Un mois de chantier ?! Non... deux semaines de chantier suivies de deux semaines passées à créer. Notre première résidence artistique ! Mais on vous en parle dans un autre article...

Quel plaisir de réunir deux univers de connaissances qui commençaient à se chevaucher et qui ont ici pu fusionner ! Comme on ne veut pas tomber dans l'entresoi, c'est important pour nous de renouveler à chaque chantier une partie des belles énergies qui viennent s'y dépenser et s'y ressourcer. On a donc accueilli une bonne moitié de nouvelles têtes et même élargi nos frontières, puisqu'un Berlinois était parmi nous ! Certes, on a bien quelques abonné·es dont on a du mal à se séparer, mais iels sont de véritables piliers, des historiques sur pattes qui voient le format des chantiers évoluer, des habitué·es de l'autogestion qui montrent la voie aux non initié·es, et puis aussi des ami·es qu'on ne se verrait pas refuser !

L'autogestion et la vie en collectif, ça se travaille, et nous avons à cœur de prendre un vrai temps au départ qui nous permette à tous de mieux nous connaître, de savoir quelles sont les règles immuables du lieu et celles dont on peut discuter, d'avoir en mains toutes les infos sur les outils et les chantiers pour ensuite pouvoir s'autonomiser. Parce que ça pose plein de questions de vivre ensemble pendant 7 à 15 jours et qu'il est important d'y réfléchir pour que ce soit fluide par la suite. Pour ça, pas de recette miracle, chaque groupe est différent ; mais on arrive à faire en sorte que ça pétille à chaque fois !

Cette fois-ci au programme : beaucoup de taille, de coups de pioche, de brassage de pierres et de bois, de la palette ! Ajoutez à cela une révision complète de toutes les portes du domaine par maître Gus, quelques cabanes à biodiversité, un peu d'entretien du verger, du potager et quelques feux pour se défouler... Bref, un petit cocktail technico-bourrino-méditativo-précisionnel dont j'ai le secret, pour convenir aux envies et énergies du jour !
De la taille pour commencer, sur le terrain et dans les bois, pour faire de la place ou un star dôme, au choix, de bambous, noisetiers, ronciers, comme vous voulez, en haies bien droites ou en bosquets tout ronds (ça c'est nous qui décidons).
De la pioche, ensuite, parce que nous projetons une "terrasse de pétanque" devant la maison, un concept ultra-innovant qui permet de faire manger de grandes tablées ou de jouer à la pétanque quand ce n'est plus l'heure de manger. Pour cela, on commence par décaisser des brouettes et des brouettes de terre, puis on s'arrête, tout fier·es, on nivelle, et on s'aperçoit qu'il manque deux coups de pioches par-ci, quatre-cinq par-là... (en général, c'est le moment où les terrassier·es demandent s'il y a besoin d'aide à la cuisine).  Et de la pioche pour repositionner notre flex-serre bien sûr ! À un nouvel endroit, pour ne pas trop fatiguer la terre et éviter d'hériter du mildiou de l'an passé. Tomates, aubergines, concombres et melons y poussent déjà tranquillement...

Pas mal de manutention après ça : excavation de pierres dans le bas du terrain (mais quel édifice y avait-il là ?...) puis transit en carrosse tiré par quatre fidèles volontaires et un·e cocher·e aux bras musclés pour les déposer (en douceur, toujours) le long de l'allée. Leur destination finale : le socle du four à pain (à suivre en août prochain) De bûches aussi, pour libérer l'espace du sus-mentionné futur four à pain (dédicace au poêle de masse, dans la gueule duquel finirent bon nombre de bûches et qui réchauffa une multitude de fessiers glacés venus se frotter contre lui - sans consentement le plus souvent...)
De la palette, enfin ! En deux tours de scie circulaire et quelques coups de perceuse (sans oublier une laborieuse réflexion pour savoir s'il fallait adapter les meubles aux coussins ou les coussins aux meubles), l'équipe cheap-menuiserie nous aura pondu deux bancs, deux transats et une table au design remarquablement astucieux. S'en sont ensuivi de nombreux coups de pinceaux pour les lasurer et nous assurer qu'ils nous supportent pour l'éternité ! N'oublions pas le compost (pour Garance, hip hip hip...), qui fut démonté, renforcé, puis réassemblé à un nouvel endroit et qui nourrira des générations de lombrics tout en mettant nos chères poubelles au régime.

Ce chantier aura finalement été placé sous le signe de la diversité ! On a défoncé la frontière de la langue, fait cohabiter artistique, artisanat et pratique, mixé les univers amicaux, réuni tous les Henry le temps d'un week-end de Pâques, fait du fidèle Datso notre mascotte à tous·tes... Certes, on n'a pas rempli tous les quotas de diversité, mais ce n'est pas le but de toute façon. Tant que nous veillons à brasser du nouveau monde, à nous relier sans nous enfermer, à chacun·e nous questionner sur ce que nous voulons partager, c'est que la Tourelle reste vivante.
Merci à vous tous·tes pour ce chantier d'avril et à très vite !

Quelques pépites en vrac, pour finir en beauté...